Rough Trade Records annonce le premier album solo de l’une des voix les plus influentes et respectées d’Irlande, Radie Peat, membre de Lankum et ØXN. Dotée d’une vision artistique singulière, d’une tessiture vocale remarquable et d’un regard à la fois lucide et ironique, Peat est reconnue pour sa puissante voix de contralto, sa maîtrise technique du chant et sa profonde intensité émotionnelle. Elle parvient à saisir l’essence même de la musique folk, insufflant une nouvelle vie aux chansons anciennes et les transmettant avec un sens renouvelé, contribuant ainsi à préserver et à enrichir la tradition du chant irlandais.
No Human Tongue Can Tell est à la fois profondément personnel et résolument universel. Introspectif, mais pragmatique. À travers cette collection de chants traditionnels, Radie Peat s’affirme avec assurance, indépendance et autonomie dans sa réinterprétation des récits d’amour issus du répertoire folk. Elle crée un espace où la voix d’une femme devient celle de nombreuses autres à travers les âges. Comme elle l’explique elle-même : « transmettre des centaines d’années d’expériences vécues par d’autres, absorbées dans ces chansons au fil des générations, vous relie à une connaissance du monde qui dépasse largement la somme de votre propre vécu ». À ce titre, l’album possède à la fois une dimension ancienne et contemporaine. Empreint de sages conseils, offrant une forme de catharsis face aux souffrances les plus profondes et de la légèreté au cœur même du désespoir, No Human Tongue Can Tell rassemble des chansons qui nous rappellent que d’autres sont déjà passés par ce que nous traversons aujourd’hui.
La voix de Peat se montre résolue sur « The Moon and Stars », alors qu’elle s’approprie pleinement les expressions de colère qui traversent la chanson. Elle en a également modifié les paroles, chantant avec défi : “I wish I’d never seen your face or heard your lying tongue” / « J’aurais préféré ne jamais voir ton visage ni entendre ta langue mensongère ». Peat puise dans l’énergie de l’indignation pour incarner son personnage, une femme confrontée à la trahison ultime et à l’abandon au moment où elle aurait le plus besoin de soutien. « La chanson contient des références codées aux grossesses non désirées et aux avortements », explique-t-elle, « ainsi que des références à la rue, une plante utilisée autrefois pour provoquer des fausses couches. Je voulais représenter ces expériences du point de vue de la femme, afin de nous rapprocher de ce qu’elle a vécu. ». Peat parvient à transmettre un profond sentiment de détresse et d’enfermement. « Lorsque j’ai écrit les vers qui évoquent les cris et les hurlements, je pensais à la scène finale de la pièce Sive de John B. Keane, créée en 1959. » Après avoir appris qu’elle est promise à un mariage arrangé, Sive s’enfuit dans la nuit et se noie dans une tourbière. Peat a intégré l’esprit de cette scène à sa réécriture de la chanson afin d’accentuer encore le sentiment de fureur et de désespoir : “Never… if the sun, moon and stars rained down out of the heavens and split the ground under my feet… never!” / « Jamais… même si le soleil, la lune et les étoiles tombaient du ciel et fendaient la terre sous mes pieds… jamais ! ».
« La graine de l’album a été plantée il y a très longtemps », explique Peat à propos de No Human Tongue Can Tell, avant de poursuivre : « Ce projet mûrit dans un coin de ma tête depuis probablement une quinzaine d’années. Quand j’avais une vingtaine d’années, j’ai regardé un documentaire sur Mike Oldfield enregistrant Tubular Bells, et l’idée m’est restée : j’aimerais essayer d’enregistrer un disque de cette manière, en écrivant et en jouant moi-même toutes les parties qui s’entrecroisent. Je trouvais très séduisante l’idée d’être limitée par mon propre esprit et mes propres capacités, avec tous les angles morts et les préférences personnelles que cela implique. J’avais le sentiment que cela donnerait naissance à quelque chose d’incontestablement unique, pour le meilleur ou pour le pire. Le choix des chansons traditionnelles qui composent l’album s’est fait assez naturellement, et ce n’est qu’aujourd’hui que j’y vois un véritable fil conducteur. Ce sont en grande partie des chansons qui parlent des luttes, des souffrances, de la force et de l’endurance des femmes. Mais beaucoup d’entre elles parlent aussi d’amour, avec toute la complexité que cela comporte. J’ai mis énormément de moi-même dans cet album et j’espère qu’il atteindra le but que je m’étais fixé. Sur le plan musical, cet album est principalement influencé par Shirley et Dolly Collins, Enya, Lal Waterson, Katie Kim, Jackson C. Frank, Karen Dalton, Nellie Weldon et Liam Weldon. Je tiens à remercier John Spud Murphy d’avoir réalisé cet album avec moi. Sans son talent et sa patience, il n’existerait tout simplement pas. »