L’artiste suédoise Murex annonce son premier album, Inventio, à venir le 25 septembre chez Young.
Après son premier single hypnotique, « Massacre », puis « Hardness of a Silverspoon », une suite marquée par ses arrangements de trompettes criantes, Inventio se déploie comme une constellation scintillante et fragmentée de dix titres. L’album redessine les contours du subconscient de Murex grâce à des modulations harmoniques audacieuses, une électronica glitchée et des séquences orchestrales frénétiques. Profondément nourri par le récit et l’esprit du folklore nordique, le disque retrace un parcours de confrontation avec la dysmorphie corporelle, le besoin de contrôle et une identité fracturée. Chaque morceau découle du précédent, tandis que Murex se libère progressivement de cet état pour tendre vers une émancipation créative et émotionnelle, le tout porté par une avant-pop éthérée et insaisissable.
« Faire cet album m’a donné l’impression de revenir à mon corps physique, » explique Murex, « tout en réalisant qu’il ne pourra jamais contenir la totalité de ce que je suis. Chaque moment de découverte est aussi un moment d’égarement ; mon corps conserve les traces de ces expériences, tandis que les différentes versions de moi-même continuent de m’échapper et de se dissoudre. »
Le disque a été conçu sur une période de trois ans : une première année consacrée à une écriture intime et introspective – « cette première année ressemblait à un secret, même pour moi », confie-t-elle – puis deux années supplémentaires de création dans son studio de Stockholm. Les chansons ont évolué naturellement au fil d’un été rythmé par des baignades matinales et des après-midis dédiés à la production.
Inventio tire son nom des Inventions de Bach, que Murex jouait au piano durant son enfance. Cet héritage baroque traverse tout l’album : textures polyphoniques vibrantes, mélodies qui glissent fluidement d’un morceau à l’autre et riches harmonies vocales qui s’élèvent au-dessus de l’ensemble. Parmi ses références musicales figurent Björk — dont l’album Vespertine fut, selon ses propres mots, « un compagnon » dans ses périodes les plus difficiles — ainsi qu’Elizabeth Fraser et le kulning, technique vocale traditionnelle suédoise incarnée notamment par la chanteuse folk et jazz Lena Willemark. Les collaborateurs Pelle Westlin, Isak Hedtjärn (clarinette et flûte) et Elvira Anderfjärd (violoncelle et chœurs) apportent à l’album des « bras supplémentaires » et un esprit d’improvisation libre. Quant aux clips, ils sont tous réalisés par Murex elle-même.