Après la sortie l’an dernier de plusieurs singles indépendants, ‘I’M YOUR FIEND’, ‘SWEAT’ et ‘DEATH IN THE FAMILY’, une tournée mondiale et leur signature chez Rough Trade Records, le groupe de Los Angeles est prêt à dévoiler son premier album, GOLDSTAR, attendu pour le 13 mars 2026.
Le titre éponyme de l’album sort aujourd’hui : un morceau féroce et explosif, porté par des sonorités d’inspiration latine très marquées. Il est accompagné d’un clip réalisé et tourné par leur collaborateur Eric Daniels. Le chanteur du groupe, Ethan Ramon, explique :
« GOLDSTAR, c’est la pire personne que tu connaisses en train de hurler à Dieu pour qu’il lui donne un signe prouvant qu’elle est quelqu’un de bien. De manière volontairement peu sérieuse, on voulait que la chanson pose la même question que l’album : si tu es une bonne personne pour de mauvaises raisons, est-ce que ça enlève quelque chose à ta bonté ? »
Ethan Ramon, le chanteur de The Sophs, sait que ce qu’il chante est moralement répréhensible mais comment autrement se débarrasser de ces pulsions ?
« Parfois, il est important d’écrire depuis le point de vue de la pire partie de soi-même, pour que cette version de toi vive à travers la musique plutôt que dans ta vie quotidienne », explique Ramon.
Ce n’est pas lui mais ce n’est pas pas lui non plus. Et il s’aventure là où la plupart des gens n’oseraient jamais aller.
L’honnêteté brutale du groupe, ses pensées intrusives assumées et son éclectisme stylistique ont immédiatement attiré l’attention des fondateurs de Rough Trade, Geoff Travis et Jeannette Lee. Lorsque Ramon a envoyé une compilation de démos à ses labels indépendants préférés, il ne s’attendait à aucune réponse. Pourtant, dès le lendemain, Travis et Lee lui écrivaient pour lui proposer un appel.
Rough Trade a perçu cette créativité foisonnante, cette variété et ce refus de « faire joli » qui peuvent permettre à The Sophs — composés de Ramon, Sam Yuh (claviers), Austin Parker Jones (guitare électrique), Seth Smades (guitare acoustique), Devin Russ (batterie) et Cole Bobbitt (basse) — de trouver leur place sur presque n’importe quelle scène. À tout moment, le groupe peut basculer vers le pop-punk, foncer tête baissée dans le funk ou parler-chanter face au public. Leur enthousiasme pour chacune de ces incarnations est évident, et la voix riche et ample de Ramon s’y glisse avec une aisance caméléon, traversant les genres sans effort.
« On n’essaie jamais d’être aussi polyvalents que nous le sommes au final », confie Ramon.
GOLDSTAR contient un morceau à la Delta blues, un autre inspiré de ZZ Top. Dans une certaine mesure, The Sophs envisagent l’écriture des chansons comme du pop art : l’idée de reproduire quelque chose encore et encore jusqu’à ce que cela perde son sens.
« Je veux voler, plagier, emprunter », explique Ramon.
Le disque pose des questions simples et obsédantes. Le morceau-titre qui s’ouvre sur un fingerpicking façon flamenco interroge la philosophie même de ce que signifie réellement être une bonne personne.
La plupart des chansons de The Sophs ne laissent aucun répit à l’auditeur, surtout parce qu’on ne sait jamais ce qui va suivre. Le groupe cultive une passion pour la destruction soudaine et totale, pour le jeu constant entre silence retenu et explosion absolue. C’est là que l’on découvre les membres de The Sophs tels qu’ils sont vraiment : explosivement positifs, heureux, et profondément collaboratifs. Il faut voir cette « posture dégénérée » plutôt comme un « privilège de bouffon ». Lorsqu’ils jouent ensemble dans une pièce, on ne retrouve rien du personnage qu’ils mettent en scène. À la place, on ressent une énergie tonitruante et exaltante, qui constitue le cœur même de la puissance créative de ce groupe.