Snail Mail
Ricochet

Sortie le 27.03.2026
Matador
  • 01. Tractor Beam ()
  • 02. My Maker ()
  • 03. Light On Our Feet ()
  • 04. Cruise ()
  • 05. Agony Freak ()
  • 06. Dead End ()
  • 07. Butterfly ()
  • 08. Nowhere ()
  • 09. Hell ()
  • 10. Ricochet ()
  • 11. Reverie ()

Snail Mail, le projet de Lindsey Jordan annonce son très attendu troisième album, Ricochet, dont la sortie est prévue le 27 mars chez Matador Records. Son premier album en cinq ans marque un retour empreint d’une clarté et d’une maîtrise renouvelées, dans lequel elle s’affirme comme une autrice-compositrice générationnelle au regard affûté. Si ses premiers travaux retraçaient les tourments émotionnels des jeunes amours, Ricochet révèle une obsession plus profonde : le temps, la mortalité et la terreur silencieuse de voir les choses que l’on aime nous échapper. Les onze titres de l’album sont imprégnés d’introspection, d’anxiété et d’acceptation  la reconnaissance que le monde continue de tourner, quoi qu’il se passe dans la petite orbite de nos vies. 

Parallèlement à cette annonce, Jordan dévoile le premier single de l’album, « Dead End », un morceau marquant qui pleure la simplicité d’une adolescence de banlieue, faite de stationnements en cul-de-sac et de cigarettes fumées entre amis. Sur le plan sonore, la chanson associe un mur de textures grunge-gaze à un riff de guitare lead perçant et à des refrains accrocheurs et sucrés, faisant monter la tension jusqu’à exploser dans un chant collectif jubilatoire en « nah-nah-nah ».

À propos du clip, qu’elle a coréalisé avec Elsie Richter, Lindsey confie :
« Nous avons tourné la vidéo de Dead End dans des lieux choisis au hasard, un peu partout dans la campagne de Caroline du Nord, entre 17 heures et 4 heures du matin, lors de l’une des nuits les plus froides de ma vie. L’objectif était de rester discrets avec les feux d’artifice, mais quelqu’un a appelé la police. »

Aujourd’hui, Snail Mail annonce également une importante tournée nord-américaine au printemps, qui débutera le 10 avril à Milwaukee et se poursuivra jusqu’au début du mois de mai. Cette tournée marquera la première grande série de concerts en Amérique du Nord de Lindsey Jordan et de son groupe pour accompagner la sortie de Ricochet. Ils se produiront notamment au Brooklyn Paramount à Brooklyn le 15 avril, ainsi qu’au The Wiltern de Los Angeles le 1er mai.

 

Écrit durant une période de profonds bouleversements personnels marquée notamment par un déménagement de New York vers la Caroline du Nord “Ricochet “ voit Lindsey Jordan se confronter à des questions qu’elle avait jusque-là évitées, en particulier la mort et ce qui vient après. L’album associe son écriture incisive à des mélodies nouvellement expansives, des arrangements de cordes sophistiqués et des textures hypnotiques, marquant une évolution naturelle depuis le travail de guitare maîtrisé de Lush et la charge émotionnelle brute de Valentine. Sur le plan sonore, Ricochet puise dans la facette la plus lumineuse de l’alternative rock des années 90  évoquant les Smashing Pumpkins à leur apogée solaire, Radiohead dans leur période la plus Britpop, ainsi que le brouillard shoegaze de groupes comme Catherine Wheel et Ivy  le tout filtré à travers la voix singulière de Jordan.

Après avoir subi une opération pour des polypes aux cordes vocales et suivi une thérapie vocale intensive avant la tournée de Valentine en 2021, Jordan apparaît sur Ricochet comme une chanteuse plus assurée et plus maîtrisée une force paradoxale pour un album centré sur l’incertitude. Elle a enregistré l’album avec le producteur et bassiste Aron Kobayashi Ritch (Momma) aux Fidelitorium Recordings en Caroline du Nord, ainsi qu’aux studios Nightfly et Studio G à Brooklyn. Les sessions, explique Jordan, ont été « rafraîchissantes, fondées sur la confiance et confortables », lui permettant d’habiter pleinement les chansons sans compromis.

L’album marque également un tournant dans le processus créatif de Jordan. « Je n’avais jamais fait cela auparavant, mais j’ai composé toutes les parties instrumentales et les mélodies vocales au piano ou à la guitare, puis j’ai écrit toutes les paroles d’un seul bloc sur une année », explique-t-elle. Ce changement lui a permis de consacrer davantage de temps à façonner les mélodies amples qui définissent le son de Ricochet.

L’univers lyrique de l’album est nourri par des œuvres qui interrogent l’existence elle-même. Le film Synecdoche, New York de Charlie Kaufman plane comme une influence majeure, tandis que des titres comme « Nowhere » s’inspirent du poème « The Two-Headed Calf » de Laura Gilpin. Sur « My Maker », Jordan s’imagine s’attarder trop longtemps au bar d’un aéroport céleste, suppliant : « Ô videur du ciel, laisse-moi entrer, j’ai peur de mourir. » Ailleurs, Ricochet pleure des amitiés qui s’effacent, la simplicité perdue et la douleur de la distance émotionnelle un disque inquiet non pas tant du mal que du caractère éphémère du bien.

L’artwork de l’album fait écho à ces thématiques. Ricochet est la première sortie de Snail Mail à ne pas présenter le visage de Jordan ; à la place, une coquille en spirale flotte dans une étendue bleu patiné, symbole à la fois de l’effondrement intérieur et de l’infini extérieur  la tension constante entre croissance, éloignement et prise de perspective.

"Dead End" Video